|
Besoin d'aide pour télécharger votre livre numérique
Aide : |
epub - 14.99 € Ajouter au panier |
|
Besoin d'aide pour télécharger votre livre numérique
Aide : |
pdf - 14.99 € Ajouter au panier |
À ceux qui s'étonnaient qu'il ne se soit jamais servi des circonstances, fort romanesques, de sa naissance et de son adoption, Juan Marsé avait jusqu'ici l'habitude de répondre que ses mémoires se trouvent dans ses romans et ses nouvelles. « Je comprends que ce soit un thème très littéraire (ou qu'il puisse le paraître à certains) mais je ne l'ai jamais abordé comme tel, bien que mes romans soient pleins de gamins qui s'inventent leurs père, ou qui décident d'être fils d'eux-mêmes », a-t-il même écrit un jour. Or, c'est une explication que Marsé ne pourra plus avancer : il raconte en effet [...]Voir la suitedans le roman qui nous occupe, et de façon très précise, cet épisode fondateur de sa vie et probablement de son oeuvre : sa mère meurt dix jours après sa naissance, laissant son père, chauffeur de taxi, seul avec sa soeur aînée. Le pauvre veuf ne s'en sort pas et songe à confier le nouveau-né à une autre famille. Et voilà que le hasard s'en mêle : un soir, comme il passe devant une maternité de Barcelone, il est hélé par un couple dont la femme est en pleurs : elle vient de perdre l'enfant qu'elle attendait. Quelques instants plus tard, dans le taxi, affaire est faite : le couple sans enfant se chargera du fils du chauffeur et finira par l'adopter. C'est le point de départ d'un récit qui revient sur les épisodes marquants de l'éducation du jeune garçon dans le quartier populaire du Guiñardo, et retrace l'histoire de l'Espagne du XXe siècle.
Juan Marsé, le grand écrivain de la Barcelone des années franquistes, de son ambiance, son trouble, ses mystères, explore à nouveau son quartier du Guinardó, mais aussi son enfance.
Le dernier opus de Juan Marsé, Calligraphie des rêves, est sans doute le plus autobiographique de ses romans. Un enfant, plutôt doué pour la rêverie et pour inventer des histoires (surtout des westerns) à ses copains, se rêve pianiste. Il déteste son apprentissage en orfèvrerie et y perd un doigt - accident qui suggère l’automutilation rêveuse. Il se rêvera donc pianiste à neuf doigts...
On dit à son sujet que « La vie des autres, si les autres ne sont pas dans les romans ou dans les films, ne mérite à ses yeux qu’un regard par-dessus l’épaule et une considération ennuyée » ; et pourtant, on découvre, au fur et à mesure que le récit avance, que cet enfant est bien attentif au monde qui l’entoure, si plein de sous-entendus et d’énigmes : son père le Raticide qui, visiblement, ne s’occupe pas que de rats ; les habitués du café Rosales (merveilleux observatoire) ; Victoria la suicidaire pour rire, vulgaire mais pulpeuse kiné et son histoire avec l’étrange ex-footballeur boiteux, M. Alonso ; et la fille de Victoria, Violeta, qui attire malgré lui l’adolescent, malgré la disproportion entre sa poitrine et ses hanches...
Et tant d’autres mystères, dont ceux de sa naissance, de son nom, de son adoption rocambolesque... Les sous-entendus planent, l’énigme est partout, tout fait signe. Le sens vient après, sur arrière-fond politique, dans cette brume sensuelle et cette lancinante odeur de café torréfié clandestinement.